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Ile rouge - paul andrianantenaina

Azo vakiana?

Ile rouge!

Terre de sang !
Terre de feu !
Ensevelis dans tes cendres,
Dans ton sol des ancêtres  
Les martyrs de toujours
Paupérisés depuis des années
Et des années noires
Dans l’opacité des nuits éternelles

Sur les rives de la Sisaony et de l’Ikopa
Les veines spoliées de latérite
Déversent sur la Betsiboka
Les humeurs de tous les corps confondus…
Grand fleuve Betsiboka !
Artère béant gorgé de crasse boueuse
Drainant jusqu’à l’embouchure
Les caillots de plaies…des hommes et du sol

Mahajanga ! ville des fleurs
Dont l’encens des sylves perdure
Pour apaiser la puanteur ambiante
Morondava ! la Mozambicaine du Canal
Prolongeant sa côte jusqu’à Toliary
Destination finale du fleuve Onilahy
Toliary la Blanche ! tournée vers l’Afrique
De là un vol d’oiseau vers Toamasina
La ville de l’eau immensément « salée »
Au grand étonnement d’un Roi défunt
Voulant prendre le large

Vous autres ! cratères volcaniques
De Tsaratanàna et d’Andringitra !
Soyez muets pour des siècles !
Les restes de lave enfouis dans votre sein
Dans votre chair sépulcrale
Retiennent toujours la couleur indélébile
Monochrome et uniforme
Du cap d’Ambre jusqu’au Capricorne

Ile ardente ! Ile rouge !
Rouge partout comme le sang de son peuple
La même couleur vitale aux gens
Un peuple divers et uni
Mais frêle à la fois…
En proie aux doutes

Ile rugissante !
Presqu’à feu et à sang
Mais toujours persévérante
Pour son peuple  tellurique
Qui fond en larmes, en sueurs et en salives…
Est-ce pour l’agonie ou pour la survie ?

Madagascar, qui es- tu ?
Trop grand pour être une île !
Trop petit pour être un continent !
Trop fier pour être un Géant !
Trop banal pour être Africain !
Terre Neuve, Mystérieuse et Lémurienne !
Presqu’île, presque-continent !
Epousant la forme d’un pied gauche
Puisses-tu éternellement charrier le même jus que nos veines ?













Hametraka hevitra

Midira aloha