LE POETE (Fredy Jaofera)
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LE POETEIl marche sur un fil tendu entre deux rives,
où le silence écoute et l'ombre devient vive.
son arme est simplement le papier,
Il est la personne d'un drôle laurier.
Il ne possède rien, mais il hérite tout :
l'or du couchant, le frisson du hibou,
la plainte de l'acier, le secret des racines,
l'éclat de la perle dans les abysses marines.
Il ne cherche l'ordre, il cherche la clarté,
celle qui jaillit seule au cœur de l'âpreté,
dans l'alambic des mots, il distille la peine
pour en faire un parfum, une sève sereine.
On le croit solitaire au fond de sa veille,
des peuples chantent dans son oreille.
Il prête sa voix à ceux qui n'en ont plus,
ramasse les rêves que le monde a exclus.
Il sait que le langage est une cage étroite,
que l'âme est une route sinueuse et droite,
mais il tisse pourtant, d'un geste patient,
le pont de poésie sur le gouffre béant.
Car être poète, c'est porter en soi-même
le poids de l'univers réduit en un emblème,
mourir un peu trop sous le poids de l'été
pour renaître, bref, dans une rime jetée.
Fredy JAOFERA
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