LE CHAGRIN (Fredy Jaofera)
Mbola tsisy niantsa
(Nalaina tao amin'ny vetso.serasera.org)
LE CHAGRINLe chagrin est un hôte qui s'installe sans bruit
dans les couloirs déserts où se détend la nuit.
Il ne frappe à aucune porte, il ne demande rien,
Il s'assoit simplement au creux du quotidien.
Un ciel de novembre, un gris qui ne finit
où le soleil se dissimule et le monde s'enfuit,
le poids d’une absence au détour d’un chemin,
le silence glacé d'une main sans une main.
Il ressemble à la mer après l'énorme tempête,
quand l'écume retombe et que l'oiseau s'arrête.
Ce n'est plus le fracas, la foudre ou le tourment,
c'est le vide limpide, un lent renoncement.
Parfois il se déguise en un parfum de pluie,
en un livre oublié qu'un ancien souvenir lie.
On croit l'avoir chassé, on croit l'avoir vaincu,
mais il veille toujours sur ce qu'on a vécu.
Pourtant, avec le temps, sa morsure s'émousse,
Il devient une écume, une ombre un peu douce.
On ne l'efface pas mais on apprend à marcher,
avec ce compagnon que l'on ne peut cacher.
Le chagrin n'est rien qu'un amour qui demeure,
qui cherche son logis tremblant à toute heure.
Une perle de sel déposée surtout sur le cœur,
témoin silencieux d'une ancienne splendeur.
Fredy JAOFERA
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Rohy:
